Ambassadeurs 

04.01.2018

La pratique à Waswanipi Terres-Cries-de-la-Baie-James 1 de 2

Par Dre Andréanne Couture

Bonjour à tous, je m’appelle Andréanne Couture et je suis médecin de famille à Waswanipi, un petit village d’environ 2000 habitants situé à 1 h 30 de Chibougamau et 8 h de Montréal. Je pratique à temps plein dans ce village depuis la fin de ma résidence en juillet 2016. Pour mon 1er article en tant qu’ambassadrice SARROS de ma région, j’ai décidé de répondre aux questions qui me sont souvent posées par les étudiants et/ou les membres de mon entourage. Question de démystifier un peu ma pratique pour le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James (CCSSSBJ).

 

Quelle mouche t’a piqué, coudonc, pour que tu veuilles aller pratiquer aussi loin? 

Premièrement, j’ai toujours vécu sur la Rive-Sud de Montréal et j’ai même été un peu dépaysé lorsque j’ai déménagé à Trois-Rivières pour faire mon doctorat en médecine. En fait, je n’ai même pas postulé à l’Université Laval car je trouvais ça trop loin. Du haut de mes 18 ans, Trois-Rivières était donc la limite maximale acceptable de distance avec ma famille. J’ai ensuite poursuivi mes études à l’UMF Richelieu-Yamaska à Saint-Hyacinthe et tout s’alignait pour que je reste en Montérégie pour poursuivre ma pratique en tant que médecin de famille.

 Tout changea à ma première année de résidence où j’ai eu l’opportunité de faire mon ACLS avec des infirmières à rôle élargi qui travaillaient pour les Terres-Cries-de-la-Baie-James et le Nunavik. Elles étaient passionnées de leur travail et avaient toutes sortes d’histoires hors du commun à raconter. Elles ont rapidement su soulever mon intérêt pour ce genre de pratique. Étant moi-même une amatrice de voyages et  de découvertes culturelles et une amoureuse de défis, je suis retournée chez moi avec la vive conviction que j’avais trouvé LA pratique idéale pour moi.

 Avec un peu de chance, j’ai réussi à m’organiser un stage à option dans le village de Waswanipi à l’été 2015 et j’ai eu un coup de cœur immédiat pour le peuple Cri, un peuple chaleureux dont la culture riche mérite vraiment d’être mieux connue. J’ai aussi adoré le type de pratique que le Nord me permettrait d’avoir : une pratique enrichissante, très diversifiée, avec des défis intellectuels quotidiens.

 

Qu’est-ce qu’il y a faire au nord?

 Si tu n’aimes pas le plein air, peut-être que le Nord n’est pas fait pour toi. Par contre, si tu aimes l’aventure et jouer dehors, il y a 1001 possibilités de choses à faire dans la région. J’ai toujours préféré l’été mais c’est parce que je n’avais jamais connu le vrai hiver. Disons-le, l’hiver au nord-est exceptionnel. Oublions la slush et la grêle de Montréal. L’hiver au nord est complètement blanc et le froid est sec, ce qui le rend plus facile à tolérer. Cela étant dit, une fois bien habillé, tu peux passer plusieurs heures à l’extérieur sans problème. Mes activités hivernales favorites sont la motoneige, la pêche sur glace et la raquette.

 Dans mon village en février, c’est aussi le mois de la culture. C’est un moment privilégié que nous avons avec les anciens, les ainés du village, qui enseignent aux plus jeunes et aux non-natifs comment faire plusieurs objets de manière ancestrale comme les mitaines en cuir d’orignal, les raquettes et le tannage de peau.

 L’été, il y a des mouches, mais on s’y habitue à la longue, surtout que c’est le temps parfait pour pêcher des brochets de 10-15 livres ou de bons gros dorés. C’est aussi le temps parfait pour cueillir des bleuets et profiter des activités de tout genre sur l’eau (ou dans l’eau les journées les plus chaudes).

 L’automne, c’est la période de la chasse. Il y a même le Moose Break, un congé de deux semaines prévu exclusivement pour la chasse à l’orignal. Mon conjoint et moi n’avions jamais chassé ou même envisagé de chasser avant que je travaille dans le Nord. Mais détenir un permis de chasse devient presque un incontournable quand tu vis la plupart de ton temps sur un territoire cri et que tu veux profiter au maximum de ton expérience nordique. Et si tu es ouvert à l’idée, ne t’inquiète pas, ce ne sont pas les professeurs de chasse qui manquent!

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